Sarkozy et les propriétaires de logement

Publié le par Alain Maigne

Lors de sa dernière conférence de presse du 24 août, Monsieur Sarkozy s’est dévoilé un peu plus. En effet, la décision du conseil constitutionnel de ne pas appliquer rétroactivement la déduction fiscale des intérêts d’emprunt pour les acquéreurs d’un logement l’a contrarié ! En effet nos sages ont invalidé sa promesse électorale. Comment pouvait il en être autrement ! Lors de sa campagne, le futur chef de l’état savait pertinemment que ce projet serait refusé par « nos sages » Il a joué de la crédulité des français pour récupérer quelques voix.    

 

Le plus grave est qu’il va implicitement  transgresser l’avis du Conseil Constitutionnel puisqu’il a annoncé qu’il allait « transformer un ennui en opportunité » en augmentant la réduction d’impôts (initialement plafonnée à 1500 €) aux acquéreurs de résidence principale à partir du 6 mai 2007. Que vont penser les électeurs qui ont voté pour  Sarkozy dans le seul but de pouvoir bénéficier  de la rétroactivité des déductions sur 5 ans.  A mon avis personnel, un sentiment de frustration va les ronger et cela est compréhensible. Nous serions presque tentés de leur dire que «bien mal acquis ne profite jamais » car nous sommes dans une société ou l’individualisme prime sur le collectif. 

 

A juste titre, les détracteurs de cette éventuelle déduction  fiscale sur 5 ans ont dit qu’il s’agissait d’un cadeau… aux propriétaires aisées. La flambée des prix de l’immobilier ne permettra pas aux SMICARDS d’acquérir un logement. S’ils le peuvent, ils ne bénéficieront pas de la déduction fiscale puisqu’elle est réservée à ceux qui payent l’impôt sur le revenu.

Face à ce reproche, Monsieur Sarkozy s’est « découvert » en indiquant que « tant que l’acheteur rembourse le prêt, c’est à la banque qu’appartient le logement » D’après lui, il ne s’agit donc pas d’une largesse de l’état mais d’une incitation à se loger. L’analyse de ses propos démontre parfaitement la part prépondérante du système bancaire dans notre mode de fonctionnement. En effet, il est probable qu’un bon nombre de nouveaux propriétaires ne puissent pas payer leur emprunt car de nos jours il est inconcevable de proposer des emprunts de longue durée (30 ans) face à la mutation de notre société. A moyen terme, nos banques vont donc récupérer des logements que n’auront pas pu payer les moins aisés d’entre nous… à moindre coût. Le chef de l’état nous a implicitement avoué que les banques « tenaient les débiteurs »

 

Nous n’en doutions pas, mais il est clair que les propos démagogues de Monsieur Sarkozy prouvent son désir  de favoriser les plus nantis et d’accroître les inégalités et la précarité.   Il est regrettable que nos chefs d’état soient (malgré les apparences et les nombreuses poignées de main tendues) coupés de la réalité du quotidien. Il serait bien que Monsieur Sarkozy médite parfois sur cette citation :

« Le pauvre devine ce que donne la richesse, le riche ne sait pas ce que signifie la pauvreté »

 

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Alain Maigne 31/08/2007 00:58

Pour éviter toute polémique, je me dois de faire la distinction entre une réduction d'impôt... évoquée dans mon article et un crédit d'impôt.La réduction ne s'applique qu'aux personnes imposables. Toutefois, si l'assemblée devait opter pour un crédit d'impôt, celui ci permettrait aux foyers non imposables de percevoir un remboursement de la part de l'état.  J'aurai donc du faire la différence entre les 2 propositions ... qui n'ont pas du tout la même incidence : la réduction d'impot favorise effectivement les plus nantis  (ceux qui payent  l'impôt sur le revenu) alors que le crédit d'impôt s'applique à tous les contribuables futurs propriétaires.

Loïs de Murphy 30/08/2007 13:11

Excellente citation, je ne la connaissais pas !

Loïs de Murphy 30/08/2007 13:11

Excellente citation, je ne la connaissais pas !