Le drame du 26 juin à Brive

Publié le par Alain Maigne

Comment pourrions nous rester indifférent au drame de lundi où un homme a tué sa femme avant de se suicider.

 

Ce fait divers nous afflige beaucoup car nous avons la sensation que cette folie meurtrière aurait pu être évitée.  La justice, la police, étaient au courant des agissements du mari et de la détresse dans laquelle était cette épouse.  Personne n'a osé ou n'a souhaité intervenir pour ramener à la raison cet homme. Les associations de violences conjugales dont le rôle est indispensable n'ont pas été suffisamment entendues auprès de la société civile.

 

Sous prétexte qu'un homme est dépressif, on peut (presque)  dire en toute impunité qu'on "bat sa femme car elle le mérite bien". A vouloir trouver des excuses aux délinquants dangereux, aux criminels la justice et la police ne sont pas toujours très crédibles.

 

Que penser aussi des 3 appels téléphonques passés par une voisine au commissariat de Brive pour les informer du drame qui se déroulait sous ses yeux. La police affirme n'avoir reçu que 2 appels. Peu importe de savoir quel est le nombre exact d'appel : la seule chose que nous pouvons dire est que les forces de l'ordre auraient du réagir beaucoup plus rapidement. 

 

Certes, il n'est pas possible de mettre un représentant du ministère de l'intérieur, de la défense ou de la justice derrière chaque citoyen mais tout de même!!!  Ne serait il pas mieux qu'on privilégie la prévention des actes criminels  plutôt que de vouloir à tout prix pénaliser les petites infractions ? 

 

Le but de mon propos n'est pas de porter un jugement sur telle ou telle structure.  C'est la société en général qui est responsable de ces drames.... par indifférence , par ignorance. Il faudrait que nous fassions tomber certains tabous : ne pas avoir honte de parler de ce qui peut se passer près de nous, former au sein de la police et de la justice des personnes qui soient aptes à écouter, à prévenir, à réprimer afin que des drames comme celui de Brive se produisent  le moins souvent possible.

 

L'état a été capable de réduire le nombre des victimes de la route. Pour quelles raisons ne le serait-il pas  pour lutter contre  ces actes de folie ?

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Sapiens 03/09/2016 23:03

Je reviens juste pour dire à Virginie toute ma sympathie pour ce qu'elle et sa maman ont vécue et qu'elles auraient dû entendues et aidées. Pa contre, en date de 2016 l'on m'a donner le numéro de ce centre et je redoutes justement de partir pour ne pas être aidée réellement. Le spy je n'en ai besoin, sinon, je me dénigrerais. Je sais que le comportement de mon mari n'est pas "conforme" diront-nous et reparler de ce que l'on a subit ça n'est pas une action que l'on a envie de faire ou alors vite fait (une fois, pas tout le temps). On veut juste aller de l'avant et c'est pour cette raison aussi que j'hésite beaucoup à les contacter. J'aime être tranquille, seule et là je risque d'être plonger dans un inconnu insupportable. Votre témoignage ne donne pas envie de se battre et d'entrer dans une arène gangrénée. Je verrai bien lundi...

Sapiens 03/09/2016 22:49

Bonjour, le post que je commente date, il est vrai mais je tenais à dire mon mot ici sur quelque chose qui me touche particulièrement. Je vis avec quelqu'un d'autoritaire depuis plus de 20 ans (habituée donc), je suis rompue à l’exercice de la vexation quotidienne, les cris, les mots très grossiers et les rabaissements. Depuis peu, je ne me laisse plus trop faire et réponds, lui dit que je n'aime pas être traitée ainsi et lui me rétorque que je fais ma bourgeoise et me déclare que je peux "dégager" (désolée, c'est ses mots) si cela ne plait pas. Sans mes enfants de 13 et 9 ans? Moi qui n'est pas du tout de famille, isolée même sans ami(e)s? Je suis coincée et j'ai peur, j'angoisse. Je n'ose pas lui dire directement "non toi va-t-en, je n'en peux plus de cette vie-là", car je sais qu'il est capable de me faire du mal. Il est très "molestateur", brutal à me pousser et m'envoyer des trucs à la figure et ceux même devant nos enfants. il ne comprend même pas ou ne se rend pas compte que son attitude agressive et humiliante. Il sait que je suis seule et que lui a sa famille même s'il dit ne pas l'adorée. en fait, il voit tout négatif et ne supporte pas que tout n'aille pas comme il l'entende. Tout le monde doit lui obéir sans contestation ou très peu. J'ai mit ça sur le compte d'une sorte de dépression, il ne trouve pas de boulot fixe, la voiture à réparer etc... Mais là je suis au bout de mes forces mentales et vais contacter Solidarelles. du fait que ce sont des actes qui ne sont pas toujours accompagnés de violence corporelle (pas d’œil au beurre noir par exemple), j'ai peur de ne pouvoir être aidée. D'autant plus que lorsque j'ai appelé la police pour signaler que mon mari quittait son travail pour me "défoncer moi et mon fils" (le plus grand qui a 22 ans: il est beaucoup sur lui) par sms dont j'ai encore le message sur mon portable, la personne m'a répondit que comme c'était mon mari, il avait parfaitement le droit de revenir chez lui et que si je sens menacée, je ferme la porte à clé. Encore heureux que je n'était qu'avec mon plus grand que les enfants plus petits n'étaient pas là... et s'il essaie de vous frapper vous nous rappeler. ??? Mais qu'est-ce que c'est que ces agents de la sûreté française??? C'est quand il est trop tard que l'on intervient? Je me voyais mal téléphoner pendant que je me faisais frapper. Mon fils en a été choqué également. J'ai réussi à clamer mon mari et c'est rentré dans l'ordre tout doucement. Mais si je pensais que ça allait mieux car il a été souriant, presque détendu et agréable pendant 2 mois (il a signé son CDI depuis peu), je me trompais lourdement. Dès que quelque chose ne va pas comme il l'a décidé, c'est la bouderie sombre, puis lorsque j'essaie de communiquer avec lui, là, il me rembarre, me traite... enfin bref, tout cela pour dire que lorsqu'on est une femme on doit se taire, dire oui à sa moitié même si cela ne plaît pas... C'est dur à vivre et pourtant on a personne à qui se confier car difficile à expliquer cette situation. En définitive c'est donc moi qui suis obligée de partir avec tout les désagréments que cela comporte. Changer d'école, voir d'autres personnes, déballer sa vie... et surtout courir le risque de représailles et coups de tél ou sms menaçants.
Voilà juste un témoignage qui me paraît opportun de divulguer. Merci de m'avoir lu.

Alain Maigne 24/09/2008 23:57

Virginie, comment rester insensible à votre témoignage, à votre vécu mais surtout à celui de votre maman. Les propos que j'avais tenus il y a plus d'un an était celui d'un homme indigné par l'indifférence humaine, l'incompétence de ceux qui détiennenent le pouvoir, la morale. Les votres sont ceux d'une victime que la société a laissé sur le bord de la route, et que nous pouvons accuser de non assistance en personne en danger et... de meurtre par personne interposée.Je suis très touché par le fait que vous m'ayez adressé votre douloureuse tranche de vie. Après ce drame, je pense que la presse locale, les assocations "humanistes", certains fonctionnaires vous aient rejetée et que mes propos de juin 2007 (que vous avez peut être découvert par hasard) ont abondé dans votre sens. Si vous le souhaitez vous pouvez bien sur me laisser d'autres messages sur cette page. Alain M.  

virginie 23/09/2008 16:35

Bonjour;je suis la fille de cette femme assassinée l'an dernier au mois de juin: ma mére, tuée par mon propre pére qui la harcelait et la dominait quotidiennement depuis toujours; je confirme l'incompétence des forces de l'ordre ainsi que celle du foyer CHRS solidarelles de Brive dans lequel ma mére séjournait pour s'y sentir "à l'abri"!Ma mére avait déposé des plaintes et mains courrantes au commissariat; je l'ai accompagné à deux reprises pour ce type de démarche difficile qui lui demandait beaucoup de courage et je peux vous dire que nous étions reçues de maniére inadmissible; j'ai vu ma mére se faire interrompre lors de son dépot de plainte à l'oral par un policier qui a répondu en la prenant de haut parce qu elle était surprise par le fait qu il ne respecte pas son temps de parole : " ya un problème?" ; je revois ma mére humiliée et rabaissée à nouveau par la vie, par ces gens censés la défendre et qui la traitaient aussi mal que son mari maltraitant. Quelle honte, et ce ne fut pas la seule fois. Mon pére grand manipulateur avait des amis un peu partout, dont certains dans ce même commissariat de police de Brive la gaillarde; l'un deux, dont je connais trés bien le nom s'est permis de détourner pour mon pére les mains courrantes que maman avait déposées, les lui lire et également d'indiquer l'adresse du centre "solidarelles" ou ma mére était "cachée"...merci la police! je n'ai pas été étionnée, bien que scandalisée d'apprendre qu'elle n'était pas intervenue  au premier appel du 25 juin2007; ce jour là, j'attendais ma mére dans le centre ville pour déjeuner avec elle et j'ai vu passer au coin de l'avenue de paris les voitures de police...il devait étre 13h passées; je n'avais pas de nouvelles de ma mére depuis plus d'une heure, et au centre "solidarelles" je n'ai pu tomber que sur une stagiare de permanence incapable de me dire ou était leur locataire ni de l'appeler... le drame s'est passé à quelques métres du centre, je n'ai cessé de téléphoner au centre et de leur réclamer leur intervention, car je n'avais pas de moyen de locomotion ce jour là, et mon pére nous avait menacées de mort la veille. Personne n'a bougé; la direction du centre m'a appelée a 14h pour me "rassurer" et me dire que ma mére avait simplement du oublier son téléphone quelque part, que j'exagérais dans mes inquiétudes: ma mére était déjà morte, étendue au coin de la rue de ce foutu centre! La police a relevé mon témoignage ce jour là, lorsqu'elle est venue me récupérer sur mon lieu de travail pour annoncer la terrible nouvelle; quelques jours plus tard, ces s...de flic se sont permis de publier avec la complicite de ce foutu journal " la montagne" mon témoignage sans m'en demander l'autorisation, alors que j'y livrais avec pudeur et difficulté la situation de notre famille. Quelle honte!Dans cette affaire il y aurait beaucoup à dire: mon pére avait déjà été arrété aprés avoir tiré une balle sur un lieu public en 2006; il avait été pris en charge sur demande de ma mére en psychiatrie sur toulouse; il avait été diagnostiqué "maniaco-dépressif à troubles affectifs" quelq chose comme ça. pourtant il est revenu et a continué a pourrir la vie de ma mére. Le docteur demon pére avait peur de lui, et quand ma mére lui a demandé d'intervenir parce qu elle sentait qu il était de plus en plus dangereux, il lui a répondu que ça n'était pas de son ressort, qu il ne pouvait rien faire (médecin de brive). Le centre de solidarelles, j'y ai passé beaucoup de temps et j'en connais beaucoup des failles et des abérations. Un personnel incompétant, je pése mes mots, inadapté. Ma mére ne voulait même plus s'adresser à la psy tant celle ci ne savait rien faire d'autre qu infantiliser et rabaisser les locataires victimes de violences conjugales.Les conditions de vie en communauté y étaient difficiles et beaucoup finissaient par partir à cause de l'ambiance malsaine, du coût élevé des chambres(pourcentage sur les revenus, mais inégalités: ma mére payait +de 300€ pour étre dans 10m2 à peine) ...J'aurais tant de choses à dire sur toutes les injustices que j'ai vues ces derniéres années; sur les portes closes, claquées, refermées, le combat impossible de ma mére et moi même, l'absence d'aide, de soutien;de structures...sans parler des injustices personnelles au sein de la famille: à savoir que la famille de mon pére le considére encore comme un sacrifié ayant commis un crime par amour et désespoir... famille ayant été témoin de beaucoup de dérapages de l part de mon pére mais ayant fermé les yeux jusqu'au bout. Virginie

Yves Rébufie 09/07/2007 18:12

Effectivement nous ne pouvons pas rester indifférents à un tel acte impensable, abject, et inhumain.
 
 

Pour la critique je trouve qu’il serait bien de connaître les faits de cette terrible affaire. Ne nous laissons pas impressionner par les commentaires des médias qui ont, malheureusement, trop souvent tendance à » grossir » leurs informations pour des effets de presse.
 

 
 

S’il est vrai que nous avons du mal à supporter le policier qui nous dresse une amende pour stationnement illicite (encore faudrait il que chacun de nous respecte le code de la route),  je ne partage pas cet avis sur la police en général.
 

 
 

J’ai eu malheureusement à être entendu au commissariat pour différents drames. Le dernier en particulier en tant que  témoin d’une affaire criminelle. Dans ce cas je peux affirmer que j’ai rencontré des policiers  particulièrement humains, expliquant bien, sachant nous mettre à l’aise pour les témoignages, en somme un personnel très professionnel. Ne nous cloisonnons pas dans un jugement sur un seul fait divers
 

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Au sujet de l‘association « Violences conjugales : Femmes battues », connaissant quelques
 

Intervenants, je peux dire, que la aussi, nous trouvons des personnes dévouées, intègres, pleines de bon sens et travaillant avec leurs modestes moyens financiers.
 

Il est sur qu’il reste beaucoup de choses à accomplir dans l’humanitaire, mais agissons dans la réflexion et dans la sérénité.